Le film

Deux jours en immersion :
un huis-clos sidérant !

Lorsque les Français jouent avec le code de la route et perdent leurs points de permis de conduire jusqu’à des seuils critiques, ils se résignent à rejoindre un « stage de sensibilisation » pour les récupérer. Deux jours durant, les conducteurs en mal de points vont être mis face à leurs responsabilités par deux formateurs (un moniteur auto-école et une psychologue) à l’aide d’exercices théoriques et pratiques, d’analyses scientifiques, et de démonstrations implacables sur les dangers d’une conduite hors la loi.

La France des points perdus

Lors de ces stages, c’est toute la France au volant qui se retrouve autour d’une table dans un espace ressemblant à une salle de classe. Nouveau lieu de mixité sociale depuis la fin du service militaire, la France des points perdus se retrouve soudainement unie dans un même objectif. Ici, le cadre côtoie l’ouvrier, le chauffeur livreur devient complice avec le motard, le chômeur se retrouve à égalité avec le salarié, les frontières sont abolies pour un temps car tous sont des conducteurs « précaires » en mal de points, le plus souvent révoltés contre un système considéré comme abusif. En portant un regard sur nos semblables dans l’exercice tragi-comique de récupération de points, ce film offre l’opportunité d’en poser un plus vaste sur l’irresponsabilité de certains de nos comportements, et au-delà, sur l’individualisme forcené de l’époque.

La voiture : une aliénation ?

Ces stages sont aussi les révélateurs du caractère symbolique de la voiture et de la conduite chez tout un chacun. Pour l’homme aux prises avec le monde contemporain, la voiture est à la fois une aliénation – le support de la course à la performance, l’outil de la compétition – et une échappatoire. Une bulle faussement protectrice qui isole du reste du monde. Car au volant plus que partout ailleurs, l’enfer, c’est toujours les autres.

Des postures et des paroles signifiantes

Ce documentaire s’attache ainsi à évoquer certains démons de notre temps par un biais insoupçonné et commun à tous : la conduite, la relation intime à la voiture. Les prises de parole des participants autorisent une évocation en creux de grands thèmes sociétaux. À travers la description de quotidiens au volant se profile : la crainte du spectre du chômage, le stress exponentiel, la place occupée dans l’échiquier social, les douleurs personnelles… À la croisée de toutes ces existences qui se révèlent le temps de récupérer quelques points sur le droit de circuler, ce documentaire est une occasion de parler de façon indirecte et inattendue des frustrations et des manquements de la société contemporaine.


Didier Cros

Didier Cros

Le réalisateur

 

Didier CROS : « Ce qui frappe chez ce réalisateur, c’est la force et la précision de son écriture documentaire, qu’il ajuste, perfectionne depuis son premier film, Un ticket de bains-douches (2000) »

« Les documentaires sont faits pour construire, et non pour détruire, à commencer par ceux que l’on filme. Et je trouve plus intéressant de formuler une critique sur les systèmes, plutôt que sur les individus. » 

Didier Cros sans fard : le portrait du réalisateur paru dans Le monde télévision du 11.06.2012

Les intervenants

Freddy MAZIGH (Formateur et moniteur auto-école) et Béatrice MONNIER (Formatrice et psychologue)

 

La production

1ère diffusion le 7 avril 2015 sur France 2 dans la Case INFRAROUGE
2ème diffusion le 5 septembre 2015 sur Public Sénat
Montage : Emmanuel Cabanes
Image : Laurent Didier, Nina Bernfeld, Julien Dubois, Hugues Gemignani, François Rochelle, Rémy Revellín, Luc Thauvín
Production : Zadig productions, producteur délégué avec le CFRT, Comité Français de Radio-Télévision, coproducteur

© Zadig productions – CFRT – 2014

Animer la prévention routière

Avec des collégiens, lycéens ou étudiants. Avec des adultes en entreprise.

Organiser une projection-débat

Pour réfléchir à ses habitudes et réviser ses idées reçues.

Le film

Deux jours de stage de récupération de points : 52mn d’un huis-clos stupéfiant !

Revue de presse

« Toutes ces paroles en roue libre, débridées comme leurs moteurs, forment le symptôme saisissant d’un monde d’automobilistes perdus. »